ANNEXE I
RÉSUMÉ DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT
1. DÉNOMINATION DU MÉDICAMENT
Emtriva 200 mg gélules
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Chaque gélule contient 200 mg d’emtricitabine.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
3. FORME PHARMACEUTIQUE
Gélule.
Chaque gélule est composée d’un corps blanc opaque avec une extrémité bleu clair opaque mesurant 19,4 mm x 6,9 mm. Chaque gélule porte les inscriptions « 200 mg » à l’extrémité et « GILEAD » et [logo Gilead] sur le corps à l’encre noire.
4. INFORMATIONS CLINIQUES
4.1 Indications thérapeutiques
Emtriva est indiqué en association avec d’autres médicaments antirétroviraux pour le traitement des adultes et des enfants âgés de 4 mois et plus infectés par le virus de l’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1).
Cette indication est basée sur des études conduites chez des patients naïfs de traitement antirétroviral et des patients prétraités ayant une charge virale contrôlée. On ne dispose d’aucune expérience de l’utilisation d’Emtriva chez des patients en échec de leur traitement en cours ou en échec de plusieurs lignes de traitement antirétroviral (voir rubrique 5.1).
Le recours à un nouveau traitement chez des patients pour lesquels un traitement antirétroviral antérieur a échoué, devra s’appuyer sur l’analyse rigoureuse des profils de mutations associés aux différents médicaments ainsi que des antécédents thérapeutiques de chaque patient. Des tests de résistance pourront, le cas échéant, se révéler utiles.
4.2 Posologie et mode d’administration
Le traitement doit être initié par un médecin expérimenté dans la prise en charge de l’infection par le VIH.
Posologie
Emtriva 200 mg gélules peut être pris avec ou sans nourriture.
Adultes : La dose recommandée d’Emtriva est de 200 mg (une gélule), à prendre par voie orale une fois par jour.
Si un patient oublie de prendre une dose d’Emtriva et s’en aperçoit dans les 12 heures suivant l’heure de prise habituelle, il doit prendre Emtriva dès que possible, avec ou sans nourriture, et poursuivre le traitement normalement. Si un patient oublie de prendre une dose d’Emtriva et s’en aperçoit plus de 12 heures après, et que l’heure de la dose suivante est proche, le patient ne doit pas prendre la dose oubliée mais simplement poursuivre le traitement normalement.
Si le patient vomit dans l’heure suivant la prise d’Emtriva, il doit prendre une autre dose. Si le patient vomit plus d’une heure après la prise d’Emtriva, il est inutile qu’il prenne une autre dose.
Populations particulières
Personnes âgées : Il n’y a pas de données de tolérance et d’efficacité disponibles chez les patients âgés de plus de 65 ans. Cependant, aucune adaptation de la dose quotidienne recommandée chez l’adulte ne devrait être nécessaire en l’absence d’insuffisance rénale.
Insuffisance rénale : L’emtricitabine est éliminée par excrétion rénale et l’exposition à l’emtricitabine a été significativement augmentée chez les patients insuffisants rénaux (voir rubrique 5.2). Une adaptation de la dose ou de l’intervalle entre les administrations est nécessaire chez tous les patients dont la clairance de la créatinine est inférieure à 30 mL/min (voir rubrique 4.4).
Le Tableau 1 ci‑dessous donne les recommandations d’adaptation de l’intervalle entre les administrations de gélules à 200 mg en fonction du degré d’insuffisance rénale. La tolérance et l’efficacité des adaptations de l’intervalle entre les administrations à toutes les 72 ou 96 heures chez les patients dont la clairance de la créatinine est inférieure à 30 mL/min n’ayant pas été cliniquement évaluées, la réponse clinique au traitement et la fonction rénale doivent être étroitement surveillées chez ces patients (voir rubrique 4.4).
Les patients présentant une insuffisance rénale peuvent aussi être traités par administration d’Emtriva 10 mg/mL solution buvable qui permet d’adapter la dose journalière d’emtricitabine. Veuillez vous référer au Résumé des Caractéristiques du Produit pour Emtriva 10 mg/mL solution buvable.
Tableau 1 : Recommandations d’adaptation de l’intervalle entre les administrations de gélules à 200 mg en fonction de la clairance de la créatinine
| Clairance de la créatinine (mL/min) | ||
| ≥ 30 | 15‑29 | < 15 (insuffisants rénaux hémodialysés)* |
Intervalle recommandé entre les administrations de gélules à 200 mg | Une gélule à 200 mg toutes les 24 heures | Une gélule à 200 mg toutes les 72 heures | Une gélule à 200 mg toutes les 96 heures |
* Sur la base d’une séance d’hémodialyse de 3 heures trois fois par semaine commençant au moins 12 heures après l’administration de la dernière dose d’emtricitabine.
Les patients présentant une insuffisance rénale terminale (IRT) et traités par d’autres formes de dialyse comme la dialyse péritonéale ambulatoire n’ont pas été étudiés et aucune recommandation de dose ne peut être donnée.
Insuffisance hépatique : Il n’y a pas de données disponibles permettant d’établir une recommandation posologique chez l’insuffisant hépatique. Cependant, en raison du faible métabolisme et de la voie d’élimination rénale de l’emtricitabine, il est peu probable qu’une adaptation de dose soit nécessaire chez les patients présentant une insuffisance hépatique (voir rubrique 5.2).
Si Emtriva est arrêté chez des patients co-infectés par le VIH et le virus de l’hépatite B (VHB), ces patients doivent être étroitement surveillés afin de détecter tout signe d’exacerbations de l’hépatite (voir rubrique 4.4).
Population pédiatrique : La dose recommandée d’Emtriva chez les enfants âgés de 4 mois et plus et les adolescents jusqu’à l’âge de 18 ans pesant au minimum 33 kg, capables d’avaler des gélules, est de 200 mg (une gélule) par voie orale, une fois par jour.
Il n’existe aucune donnée relative à l’efficacité et très peu de données relatives à la tolérance de l’emtricitabine chez le nourrisson de moins de 4 mois. C’est pourquoi il n’est pas recommandé d’utiliser Emtriva chez le nourrisson de moins de 4 mois (pour les données pharmacocinétiques dans ce groupe d’âge, voir rubrique 5.2.).
Aucune donnée permettant d’établir une recommandation posologique chez l’enfant insuffisant rénal n’est disponible.
Mode d’administration
Emtriva 200 mg gélules doit être pris une fois par jour, par voie orale, avec ou sans nourriture.
Emtriva est également disponible sous forme de solution buvable à 10 mg/mL pour le nourrisson âgé de 4 mois et plus, pour l’enfant et les patients ne pouvant pas avaler de gélule et pour les patients présentant une insuffisance rénale. Veuillez vous référer au Résumé des Caractéristiques du Produit d’Emtriva 10 mg/mL solution buvable. En raison d’une différence de biodisponibilité de l’emtricitabine entre les présentations gélule et solution, une concentration plasmatique similaire à celle observée après administration d’une gélule à 200 mg d’emtricitabine peut être atteinte avec 240 mg d’emtricitabine administrés sous forme de solution buvable (voir rubrique 5.2).
4.3 Contre-indications
Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
4.8 Effets indésirables
Résumé du profil de sécurité d’emploi
Dans des études cliniques menées chez des patients adultes infectés par le VIH, les effets indésirables dus à l’emtricitabine survenant le plus fréquemment ont été la diarrhée (14,0%), les céphalées (10,2%), l’élévation de la créatine kinase (10,2%) et les nausées (10,0%). En plus des effets indésirables rapportés chez les adultes, l’anémie (9,5%) et la dyschromie cutanée (31,8%) sont survenues plus fréquemment dans les études cliniques portant sur des patients pédiatriques infectés par le VIH.
L’arrêt du traitement par Emtriva chez les patients co‑infectés par le VIH et le VHB peut être associé à une exacerbation aiguë sévère de l’hépatite (voir rubrique 4.4).
Tableau récapitulatif des effets indésirables
L’évaluation des effets indésirables à partir des données d’études cliniques est basée sur l’expérience acquise au cours de trois études chez l’adulte (n = 1 479) et de trois études pédiatriques (n = 169). Dans les études menées chez l’adulte, 1 039 patients naïfs de traitement antirétroviral et 440 patients prétraités ont reçu l’emtricitabine (n = 814) ou un médicament de comparaison (n = 665) pendant 48 semaines en association avec d’autres médicaments antirétroviraux.
Les effets indésirables d’imputabilité au moins possible chez les adultes dans l’expérience acquise dans les études cliniques et depuis la commercialisation sont énumérés dans le Tableau 2 ci-dessous par classe d’organe et fréquence. Au sein de chaque groupe de fréquence, les effets indésirables sont présentés suivant un ordre décroissant de gravité. Les fréquences sont définies selon les catégories suivantes : très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥ 1/100, < 1/10) ou peu fréquent (≥ 1/1 000, < 1/100).
Tableau 2 : Tableau récapitulatif des effets indésirables associés à l’emtricitabine sur la base de l’expérience acquise dans les études cliniques et depuis la commercialisation
Fréquence | Emtricitabine |
Affections hématologiques et du système lymphatique : | |
Fréquent : | neutropénie |
Peu fréquent : | anémie2 |
Affections du système immunitaire : | |
Fréquent : | réaction allergique |
Troubles du métabolisme et de la nutrition : | |
Fréquent : | hypertriglycéridémie, hyperglycémie |
Affections psychiatriques : | |
Fréquent : | insomnie, rêves anormaux |
Affections du système nerveux : | |
Très fréquent : | céphalées |
Fréquent : | vertiges |
Affections gastro-intestinales : | |
Très fréquent : | diarrhée, nausées |
Fréquent : | élévation de l’amylase, y compris de l’amylase pancréatique, élévation des lipases sériques, vomissements, douleurs abdominales, dyspepsie |
Affections hépatobiliaires : | |
Fréquent : | élévation des taux d’ASAT (aspartate aminotransférases) et/ou d’ALAT, hyperbilirubinémie |
Affections de la peau et du tissu sous-cutané : | |
Fréquent : | éruption vésiculo-bulleuse, éruption pustuleuse, éruption maculopapuleuse, rash, prurit, urticaire, dyschromie cutanée (augmentation de la pigmentation)1,2 |
Peu fréquent : | angiœdème3 |
Affections musculo-squelettiques et systémiques : | |
Très fréquent : | élévation de la créatine kinase |
Troubles généraux et anomalies au site d’administration : | |
Fréquent : | douleurs, asthénie |
1 Voir rubrique 4.8, Description de certains effets indésirables particuliers pour plus de précisions.
2 L’anémie était fréquente et la dyschromie cutanée (augmentation de la pigmentation) était très fréquente lorsque l’emtricitabine était administrée à des patients pédiatriques (voir rubrique 4.8, Population pédiatrique).
3 Cet effet indésirable, qui a été identifié dans le cadre de la pharmacovigilance depuis la commercialisation, n’a pas été observé lors des études cliniques randomisées contrôlées d’emtricitabine chez des patients adultes ni lors des études cliniques chez des patients pédiatriques infectés par le VIH. La catégorie de fréquence de type peu fréquent a été estimée d’après un calcul statistique basé sur le nombre total de patients exposés à l’emtricitabine dans ces études cliniques (n = 1 563).
Description de certains effets indésirables particuliers
Dyschromie cutanée (augmentation de la pigmentation) : La dyschromie cutanée, qui se traduit par une hyperpigmentation essentiellement de la paume des mains et/ou de la plante des pieds, était généralement légère, asymptomatique et cliniquement peu significative. Le mécanisme est inconnu.
Paramètres métaboliques : Une augmentation du poids corporel ainsi que des taux de lipides et de glucose sanguins peuvent survenir au cours d'un traitement antirétroviral (voir rubrique 4.4).
Syndrome de Restauration Immunitaire : Chez les patients infectés par le VIH et présentant un déficit immunitaire sévère au moment de l’instauration du traitement par association d’antirétroviraux, une réaction inflammatoire à des infections opportunistes asymptomatiques ou résiduelles peut se produire. Des maladies auto-immunes (comme la maladie de Basedow et l’hépatite auto-immune) ont également été rapportées; cependant, le délai d’apparition décrit est plus variable et ces événements peuvent survenir plusieurs mois après l’instauration du traitement (voir rubrique 4.4).
Ostéonécrose : Des cas d’ostéonécrose ont été rapportés, en particulier chez des patients présentant des facteurs de risque connus, un stade avancé de la maladie liée au VIH ou un traitement par association d’antirétroviraux au long cours. Leur fréquence de survenue n’est pas connue (voir rubrique 4.4).
Population pédiatrique
L’évaluation des effets indésirables chez les patients pédiatriques à partir des données d’études cliniques est basée sur l’expérience acquise au cours de trois études pédiatriques (n = 169) dans lesquelles des enfants infectés par le VIH, naïfs (n = 123) et prétraités (n = 46) âgés de 4 mois à 18 ans ont été traités par l’emtricitabine en association avec d’autres antirétroviraux.
En plus des effets indésirables rapportés chez les adultes (voir rubrique 4.8, Tableau récapitulatif des effets indésirables), les effets indésirables suivants ont été observés plus fréquemment chez les patients pédiatriques : l’anémie était fréquente (9,5%) et la dyschromie cutanée (augmentation de la pigmentation) était très fréquente (31,8%) chez les patients pédiatriques.
Autre(s) population(s) particulière(s)
Personnes âgées : Emtriva n’a pas été étudié chez les patients âgés de plus de 65 ans. Les patients âgés sont plus susceptibles de présenter une réduction de la fonction rénale. L’administration d’Emtriva à des patients âgés devra donc se faire avec une prudence particulière (voir rubrique 4.2).
Patients présentant une insuffisance rénale : L’emtricitabine est éliminée par excrétion rénale et l’exposition à l’emtricitabine a été significativement augmentée chez les patients insuffisants rénaux. Une adaptation de la dose ou de l’intervalle entre les administrations est nécessaire chez tous les patients dont la clairance de la créatinine est inférieure à 30 mL/min (voir rubriques 4.2, 4.4 et 5.2).
Patients VIH co-infectés par le VHB : Le profil des effets indésirables chez les patients co-infectés par le VHB est comparable à celui observé chez les patients infectés par le VIH sans co-infection par le VHB. Toutefois, comme attendu pour cette catégorie de patients, les élévations des taux d’ASAT et d’ALAT ont été plus fréquentes que dans la population générale infectée par le VIH.
Exacerbation de l’hépatite après l’arrêt du traitement : Chez les patients VIH co‑infectés par le VHB, une exacerbation de l’hépatite peut se produire après l’arrêt du traitement (voir rubrique 4.4).
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration :
Belgique
Agence fédérale des médicaments et des produits de santé
Division Vigilance
| Boîte Postale 97 |
Site internet: www.notifieruneffetindesirable.be
e-mail: adr@afmps.be
Luxembourg/Luxemburg
Centre Régional de Pharmacovigilance de Nancy ou Division de la pharmacie et des médicaments de la Direction de la santé
Site internet : www.guichet.lu/pharmacovigilance
7. TITULAIRE DE L’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHÉ
Gilead Sciences Ireland UC
Carrigtohill
County Cork, T45 DP77
Irlande
8. NUMÉRO(S) D’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHÉ
EU/1/03/261/001
EU/1/03/261/002
10. DATE DE MISE À JOUR DU TEXTE
04/2023
Des informations détaillées sur ce médicament sont disponibles sur le site internet de l’Agence européenne des médicaments http://www.ema.europa.eu.
PRIX
| Code CNK | Emballage | Code ATC5 | Prix | Prix ex-usine | Sur prescription | Ticket modérateur intervention régulière | Ticket modérateur intervention majorée |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2247286 | EMTRIVA 200MG GEL 30 X 200 MG | J05AF09 | € 168,69 | - | Oui | € 2 | € 1 |